Littérature jeunesse : romans, albums...

vendredi 16 octobre 2009

La mélodie des tuyaux @ Benjamin Lacombe

* « La tête posée sur ta paume, derrière la vitre embuée, tu regardais les gouttes de pluie éclater sur la tôle. Des silhouettes grises se déplaçaient entre les tuyaux rouillés et la tour de l’usine qui fumait.
Tu avais treize ans et tu savais qu’à la fin de l’année tu les rejoindrais. Comme tes parents avant toi et comme tous ceux qui n’avaient pas été assez intelligents pour fuir cette maudite ville. »
(Prologue)

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Alexandre s’ennuie et se perd un peu dans cette existence et cette ville grise. Les jours se succèdent, l’école, puis les soirées moroses entre ses parents inquiets, totalement éreintés par leur travail à l’usine, l’usine omniprésente et qui domine la ville de ses hautes cheminées.
Mais une petite caravane pointe son nez et ses roulottes, point rouge zigzagant dans les rues. Un cirque bariolé et vivant, tout bruissant de voix et d’accents, un autre monde, un autre univers qu’il découvre ébahi. Un homme aussi grand qu’une armoire à glace déplace des poutrelles comme s’il s’était agi de simples allumettes, de toutes petites personnes exécutent des acrobaties, tandis que deux femmes accrochées l’une à l’autre vaquent à leurs activités, vêtues d’une seule et même robe rouge… Et puis, Elle apparaît, la petite gitane, et « elle avait le plus beau regard qu’il ait jamais croisé. ». Le lendemain, Alexandre y retourne, tant pis pour l’école, il lui faut à tout prix La revoir, les retrouver tous…
Et la magie opère… Le petit garçon dont le cœur ne demande qu’à s’ouvrir à l’inconnu et aux autres, dans toute leur différence, est vite adopté par cette grande famille.
Très vite aussi, il se découvre un don, celui du rythme et la musique, celui-là même qui le faisait pianoter sur la vitre de la fenêtre de sa chambre au rythme des bruits de l’usine et de la pluie qui tombait… La mélodie des tuyaux…
Mais tout n’est pas joué pour autant, car il lui faudra vaincre les préjugés – pensez, ces gitans viennent d’ailleurs et parlent une autre langue, et regardez de plus près ceux qui les accompagnent, des monstres à faire peur… Et puis, ne volent-ils pas les poules et tout ce qu’ils trouvent sur leur chemin ?
Je n’irai pas par quatre chemins, ce nouvel album de Benjamin Lacombe (texte ET illustrations) est une pure petite merveille. Chaque illustration (grand format) est d’une beauté à couper le souffle, l’histoire servie par une jolie plume, est empreinte de tendresse, de poésie et beaucoup d’humanité. Matthieu et Thomas ont beaucoup beaucoup aimé, ne cessant de s’interroger, s’arrêtant longuement sur chaque planche… Et émus, très.. Une petite larme s’est mise à perler aux yeux de Matthieu, ce livre lui parlait et touchait du doigt quelque chose de vraiment très important.



Nous avons dans la foulée ressorti le très beau livre de François Roca et Fred Bernard , « Jésus Betz » (recommandé par B. Lacombe ici-même) et auquel visiblement Benjamin dédie une de ses illustrations, une image "comme en miroir" très proche et si différente tout à la fois... Un joli hommage...
Et le débat de continuer avec les enfants, les « freaks », la différence et la musique gitane, parce que oui, cet album est aussi un conte musical dit par Olivia Ruiz (avec sensibilité et simplicité) et qui laisse la part belle à la musique et aux chansons…

Une très belle réussite, et un futur grand Classique, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement…

Le billet de Clarabel, enchantée tout comme moi.


3 commentaires:

  1. ... et un Jesus Betz pour moi, maintenant ! :)
    Merci de le rappeler.

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  2. Je suis vraiment très tentée par ce livre, mais malheureusement moins par son prix :/
    Heureusement que Noël approche ;)

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  3. Je pensais plutôt à la seconde solution^^

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